Relations internationales Europe
Focus n°3 - 2025

Baybridge. Anatomy of a chinese information influence ecosystem

Paul Charon, Tadaweb | 6 min de lecture

Behind the façade of innocuous digital marketing firms operating from China’s Greater Bay Area lies a vast ecosystem of information manipulation targeting audiences across dozens of countries. This study unveils BAYBRIDGE, an infrastructure whose technical sophistication stands in striking contrast to its operational dysfunction. This research maps the network’s architecture, traces its connections to Chinese state propaganda apparatus, and decrypts the discourse strategies deployed toward foreign publics. It reveals how companies exploit hundreds of inauthentic news websites to disseminate content aligned with Beijing’s—and Moscow’s—interests. Yet the system betrays fundamental contradictions. Chinese “positive energy” narratives promoting harmony coexist chaotically with aggressive pro-Kremlin propaganda. Poor translations, absent editorial oversight, and narrative incoherence render the operation remarkably ineffective. This paradox illuminates crucial questions: Does incompetence explain the failure, or does bureaucratic rent-seeking transform geopolitical ambition into private enrichment theater? This work demystifies authoritarian information capabilities while demonstrating the imperative of actor-specific analysis. A contribution to understanding disinformation ecosystems and the pathologies that limit their effectiveness.

ARABIE SAOUDITE : QUELS LEVIERS DE PUISSANCE AU PROCHE-MOYEN-ORIENT ?

Fatiha DAZI-HÉNI
Chercheuse Golfe - Moyen-Orient à l'IRSEM
NOTE DE RECHERCHE – n° 148 – 16 octobre 2025

RÉSUMÉ

Dans le sillage de sa stratégie de diversification économique, l'Arabie saoudite développe une diplomatie d'apaisement régional et de multi-alignement afin d'émerger comme une puissance d'équilibre dans un Proche-Moyen-Orient traversé depuis les attaques du 7 octobre 2023, déclenchées par le Hamas, par une succession inédite de guerres engagées par Israël. Cette note de recherche met en exergue la ligne de conduite diplomatique du royaume dans le contexte d'une présidence Trump 2 incertaine et d'une reconfiguration régionale où se dessinent de nouveaux rapports de force en faveur de la domination militaire israélienne et au détriment d'un Iran affaibli. Plutôt que de prendre le leadership, qui lui revient par défaut dans un monde arabe divisé, Riyad saisit cette opportunité d'endosser la responsabilité de la recherche d'un équilibre dans la région comme sur la scène internationale.

INTRODUCTION

L'après-7 octobre 2023, avec la guerre sans fin conduite par Israël (x) à Gaza, qui s'est étendue en Cisjordanie et sur quatre autres fronts (Liban, Syrie, Yémen, Iran), instaure de nouveaux rapports de force au Proche-Moyen-Orient (PMO). Cette situation qui aggrave la fragmentation d'États et de sociétés dans la région pose avec acuité la question du rôle du royaume et de sa capacité à peser sur le cours des événements.

Au-delà, cette situation marque aussi l'écart qui s'est creusé entre les pays dits du Sud global, au sein duquel s'insère pour partie l'Arabie saoudite, et les pays occidentaux largement solidaires d'Israël qui n'a fait l'objet d'aucune mesure de sanctions pour de multiples violations du droit international au contraire de la Russie qui a subi 18 paquets de sanctions après son invasion de l'Ukraine, en février 2022. Le gouvernement israélien, mis en cause par les plus hautes juridictions internationales et les ONG humanitaires pour ses nombreuses entraves à l'aide humanitaire à la population civile gazaouie, est pourtant accusé, y compris par des organisations humanitaires israéliennes, de se rendre coupable d'un génocide à Gaza (x).

Cette note (x) étudie la ligne diplomatique que se fixe le royaume en tant qu'acteur régional désireux de maintenir l'équilibre dans un contexte multipolaire. Comment Riyad, qui jusque-là considérait la menace iranienne comme existentielle (x), se projette-t-il dans un contexte régional où Téhéran est très affaibli avec son dispositif dissuasif constitué de proxys régionaux eux aussi fortement amoindris (Hezbollah, régime syrien, Hamas) ?

LE RESET DE LA DIPLOMATIE SAOUDIENNE DEPUIS JANVIER 2021

L'entrée en matière chaotique du prince héritier saoudien, Mohammed bin Salman (MBS), dans le champ diplomatique régional et international semble loin aujourd'hui, tant sa volonté d'aboutir à la désescalade régionale est manifeste. Une nouvelle ligne de conduite diplomatique pose ainsi, dès l'année 2019, les jalons de la politique de désescalade régionale qu'endosse le prince héritier (x).

La désescalade régionale atteint son point d'orgue avec la re-normalisation des relations diplomatiques avec l'Iran en mars 2023 sous les auspices de la Chine (x). Ce processus et la mise en place du nouveau soft power saoudien au cœur de la Vision 2030 (x) constituent les nouvelles priorités diplomatiques du prince héritier.

L'ARABIE SAOUDITE FACE AUX NOUVEAUX DÉFIS RÉGIONAUX SÉCURITAIRES ET POLITIQUES

La réévaluation des menaces

Pour Riyad, le traditionnel antagonisme avec l'Iran a été sérieusement relativisé. L'affaiblissement patent de Téhéran et de ses relais constitue certes une opportunité pour que Riyad reprenne de l'ascendant. Toutefois, le régime iranien reste résilient. Selon un expert saoudien, « Téhéran ne peut renoncer à son réseau d'influence régionale qu'il a maintenu durant près d'un demi-siècle (x) ».

Néanmoins, aujourd'hui, c'est l'hégémon militaire israélien dans la région que redoute par-dessus tout l'Arabie saoudite. Le gouvernement israélien rebat les cartes au point de mettre en péril la faisabilité de la création d'un État palestinien. Les monarchies du Golfe s'inquiètent de voir la doctrine israélienne de frappes préventives propager le chaos. Cette stratégie est désormais perçue comme une volonté délibérée de fragmenter la région (x).

En assumant ses visées territoriales maximalistes liées au projet du « Grand Israël » (x) incluant une partie du territoire saoudien, le Premier ministre israélien a provoqué l'ire des dirigeants de la région (x). La divergence entre l'Arabie saoudite et Israël reflète un affrontement de visions stratégiques (x) : Riyad mise sur la stabilité et l'équilibre, tandis que Tel Aviv fonde sa stratégie sur une domination technologique et militaire.